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Massacres en Algérie - sortir de l’oubli l’autre 8 mai 1945

lundi 30 avril 2018

Massacres de Setif, Guelma, Kherrata en Algérie :
sortir de l’oubli l’autre 8 mai 1945

Rassemblement et dépôt de gerbe mardi 8 mai 2018 à 18h00 à Fontaine

Parc André Malraux (près de la Mairie) Mail Marcel Cachin
(tram A, arrêt Hôtel de Ville La Source

La chute du régime nazi a été un événement considérable dans le monde entier, soulevant l’espoir d’un monde plus juste, respectueux des droits et des peuples. Cent trente mille soldats algériens et des dizaines de milliers d’autres soldats et de civils de pays colonisés ont participé à la lutte contre le nazisme au sein de l’armée française, les fameux « indigènes de l’armée française ».

C’est légitimement que de nombreux peuples pensèrent que le moment était venu d’obtenir l’’égalité en matière de droits civiques et politiques. La réalité fut tout autre. Dans les pays colonisés par la France, les manifestations portant ces revendications d’égalité furent immédiatement réprimées (Indochine, Madagascar, Afrique subsaharienne, etc.). L’Algérie est une des figures emblématiques de ce manquement moral et politique.

Alors que l’Algérie est un département français, la célébration de la victoire des Alliés contre le Nazisme le 8 mai 1945 est l’occasion pour les Algériennes et les Algériens de faire entendre les revendications d’égalité des droits et d’indépendance. A Sétif, des milliers d’Algériens manifestent et brandissent des pancartes « Libérez Messali » (Messali Hadj, leader nationaliste emprisonné), « Nous voulons être vos égaux », « À bas le colonialisme », « Vive l’Algérie libre et indépendante », et un drapeau qui deviendra le drapeau algérien. Des coups de feu sont tirés, le porteur du drapeau est abattu, provoquant la colère des manifestants. On comptera des dizaines de morts « européens » ce jour-là. La répression contre les Algériens durera des mois jusqu’au mois de septembre et sera féroce : 10 000 à 40 000 victimes selon les historiens, à Sétif, Guelma et Kherrata. C’est un véritable massacre et un crime d’Etat : il s’agissait pour le pouvoir français de l’époque de maintenir à tout prix l’Algérie sous domination coloniale. Les auteurs de ce massacre délibéré de populations civiles n’ont d’ailleurs jamais été inquiétés.

Ce massacre marque pour beaucoup d’historiens le début de la guerre d’Algérie. Cet événement tragique a été occulté par tous ceux qui veulent masquer la réalité du colonialisme, faite de violence et d’oppression. Le refus d’entendre l’aspiration légitime des Algériennes et des Algériens à être maîtres de leur destin a conduit à une guerre cruelle, dont l’issue a été la destruction de l’ordre colonial et la reconnaissance de l’indépendance algérienne, guerre dont le prix humain et matériel fut considérable pour les populations algériennes et les Européens d’Algérie. Les enseignements du 8 mai de Sétif, Guelma et Kherrata doivent être tirés.

L’actualité est marquée par l’ampleur de la répression, l’horreur des massacres et les destructions que subissent les populations en Syrie ou en Palestine. Il est urgent d’entendre qu’aucune paix durable ne peut se bâtir sans respecter les droits des peuples à maîtriser leur destin . L’occultation ou la négation des crimes coloniaux d’hier expliquent largement la permanence des discriminations d’aujourd’hui. Alors que la xénophobie et la haine de l’autre sont prônées par des nostalgiques de l’ordre colonial et de la collaboration nazie, il est urgent de comprendre que notre avenir est commun et qu’il est essentiel de construire des ponts plutôt que des murs.

Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata font partie de l’Histoire de la France et de l’Histoire de l’Algérie. Cette histoire commune doit être mise à disposition des nouvelles générations en France, en Algérie, en Europe et en Afrique.

Nous demandons :

  • la reconnaissance par l’Etat Français des crimes commis lors du 8 mai 1945 dans la région de Sétif, Guelma et Kherrata
  • l’inscription dans les livres d’Histoire des crimes coloniaux commis contre les peuples (Algérie, Madagascar, Indochine, …)
  • une écriture partagée entre la France et l’Algérie de leur histoire commune ouvrant sur de nouvelles coopérations citoyennes.

à l’appel de : Algérie au Coeur, Amal, ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis ), ASALI, ATLLAS, CIIP, CTNE (Comité traite négrière esclavage), Coup de Soleil Rhône-Alpes, CSRA, MRAP, Ras L’Front

avec le soutien de ; CGT, Solidaires, ACIP-ASADO, ADAFL, AFPS, ATTAC, Cercle Laïque, LDH, Maroc Solidarités Citoyennes, Mouvement de la Paix, Nil Isère, Nuestra America, ADES, EE-LV, Ensemble !, France Insoumise, GO-Citoyenneté, Lutte Ouvrière, MRC, NPA, PCF, PCOF

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