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Violences policières àl’Université Grenoble Alpes

Lettre ouverte du secrétaire général de l’UD au président de l’université

jeudi 26 avril 2018, par Laurent Terrier

Le secrétaire général de l’UD CGT de l’Isère a envoyé une lettre ouverte au président de l’Université Grenoble Alpes Patrick Levy

Télécharger la lettre  : Lettre ouverte au pdt UGA

Ou la lire en ligne :

Objet : Lettre ouverte contre l’intervention policière dans l’enceinte de l’université

Monsieur,

Lundi 23 avril 2018, un pas supplémentaire a été franchi àl’Université Grenoble Alpes dans la dérive autoritaire et les répressions de mouvements sociaux. A l’image de l’actualité dans le pays ces dernières semaines c’est une curieuse façon de célébrer l’anniversaire de mai 68.

Déjàle 22 Mars, lors du rassemblement d’organisations venues protester contre la participation de certains intervenants au colloque sur Frontex, àvotre demande, une intervention policière violente a eu lieu pour évacuer les opposants, avec plusieurs blessé.e.s àla clef.

Ce lundi, vous avez donc ànouveau fait appel aux forces de l’ordre pour évacuer manu militari le bâtiment du département licence sciences et technologies ainsi que le bâtiment Stendhal, bloqués par les étudiants en lutte contre la loi Vidal « Orientation et Réussite Étudiante  », pour la défense du service public universitaire.

L’intervention au DLST a été violente, avec gazs et matraques, et des étudiant.es ont été blessé.e.s. De plus, des personnels de l’UGA dans l’exercice de leurs mandats syndicaux étaient également présents sur place et ont pu constater le degré de violence porté àl’encontre de ces jeunes, tout en étant également les victimes de coups de matraques des CRS.

Votre choix de faire pénétrer les forces de police sur le campus, dans le seul but d’empêcher la contestation sociale des étudiant.es et des personnels, est inacceptable. Il est par ailleurs totalement contraire àl’éthique universitaire, àla culture du débat et àl’analyse critique.

L’esprit et l’usage des franchises universitaires, en particulier depuis mai 68, c’est que la force publique ne peut intervenir sur les campus que sur réquisition du président ou en cas de force majeure. Les interventions policières, la répression de la contestation, la violence physique, n’ont pas leur place dans une enceinte universitaire.

De tous temps, les blocages et les occupations d’amphis, de bâtiments ont été au cœur des mouvements étudiants les plus marquants. A Grenoble, les dernières AG ont rassemblé près de 1000 étudiant.e.et s’inscrivent dans un mouvement national d’ampleur, touchant de très nombreux établissements.

La CGT Isère condamne, avec la plus grande fermeté, les intimidations, les violences physiques que les étudiant.es et les personnels mobilisé.es ont eu.es àsubir en défendant légitimement leurs idées, leurs revendications, leur avenir.

La CGT Isère reste solidaire de celles et ceux qui défendent au quotidien une université de qualité, publique et gratuite, pour tou.tes, c’est aussi pourquoi nous vous demandons une certaine réserve en cessant d’entraver par la violence et l’intimidation les actions de grèves et de manifestations qui sont, je vous le rappelle, décidés démocratiquement.

Nous espérons que vous saurez apprécier ce courrier àsa juste valeur, dans l’attente nous vous informons que nous resterons attentifs àla situation sur le campus.

Recevez nos cordiales salutations Nicolas BENOIT Secrétaire Général

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